L'Hebdo - 20 septembre 2021

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 13 au 17 septembre 2021

Date de publication : Le 20 septembre 2021

 

Le rapport hebdomadaire américain de l’état des cultures indiquait que 58 % du maïs et 57 % du soya étaient en bonne ou excellente condition, soit une baisse de 1 % pour le premier et un état inchangé pour le second. Par ailleurs, 4 % du maïs était récolté et 12 % du blé d’automne était semé.

Le rapport des expéditions hebdomadaires de grains des États-Unis avait un chiffre extrêmement bas pour le maïs, soit 138 000 tonnes. Cela n’est pas surprenant alors que la plupart des terminaux portuaires céréaliers de la Louisiane n’ont pas repris leurs activités – certains en raison des dommages causés par l’ouragan, d’autres à cause du manque d’électricité. Le rétablissement du courant électrique pourrait prendre une à deux semaines supplémentaires, et le retour à la normale ne se fera pas avant la fin du mois. Le chaos logistique est tempéré par le fait que ce n’est pas la période la plus achalandée de l’année pour les exportations de grains (le battage du maïs vient tout juste de démarrer). Cette situation logistique peut expliquer deux annulations de ventes de soya aux Chinois annoncées le 15 septembre. Les achats ont cependant repris les deux jours suivants.

Les ventes hebdomadaires américaines de grains à l'exportation sont bonnes pour le blé et le soya, mais médiocres pour le maïs. Elles ont totalisé 249 000 tonnes de maïs, 617 000 tonnes de blé et 1,27 million de tonnes (Mt) de soya. Depuis le début de l’année récolte, les ventes de soya accusent un retard de 30,8 % par rapport à l’an passé à pareille date, celles du blé sont en retard de 20,6 %, tandis que les ventes de maïs sont en avance de 20,1 %. Il faut souligner que le rythme élevé des ventes de maïs est dû aux achats massifs chinois de 10,7 Mt en mai pour livraison en 2021-2022.

La production hebdomadaire américaine d’éthanol s’est redressée de 14 000 barils/jour pour s’établir à 937 000 barils/jour, un niveau qui demeure assez bas. Les inventaires ont baissé de 380 000 barils, atteignant 20,01 millions de barils.

Les précipitations ont débuté sur le sud du Brésil. Il est encore trop tôt pour se prononcer, mais, si la tendance se maintient, la saison des pluies serait hâtive, contrairement à l’an passé. Si c’est le cas, ce sera bénéfique pour les semis du soya et, plus tard, pour la deuxième récolte de maïs (safrinha) qui sera plantée après le battage de la fève.

Statistique Canada a mis à jour ses estimations de production. En ce qui concerne le Québec, celles-ci diffèrent peu des prévisions du mois passé : elles sont en légère hausse pour le maïs, le soya et le blé, en légère baisse pour l’orge, tandis que celles de l’avoine et du canola sont quasiment inchangées. Le Québec devrait produire 3 562 700 tonnes (t) de maïs (avec un rendement de 10 t/ha), 1 080 000 t de soya (2,9 t/ha), 317 300 t de blé (3,4 t/ha), 169 700 t d'avoine (2,7 t/ha), 142 400 t d'orge (3,25 t/ha) et 27 300 t de canola (2 t/ha). Pour les six principaux grains, on parle donc d’une production globale de 5,3 Mt, comparativement à 5 Mt en 2020. Pour ce qui est du Canada, comme prévu, le portrait s’assombrit encore plus avec le plein impact de la sécheresse désastreuse dans les Prairies. Les productions nationales de blé, de canola, d’orge et d’avoine devraient chuter de 33,5 à 43,6 % par rapport à l’an passé.

Le fait le plus notable de ce rapport concerne le maïs en Ontario. Le rendement bondit et fracasse tous les records à 11,24 t/ha. Par conséquent, la production devrait atteindre un niveau record de 9,58 Mt, soit une hausse de 672 000 t ou 7,5 % par rapport à l’an passé. Par ailleurs, l’Ontario devrait avoir une production quasi record de blé à 2,71 Mt; une hausse de 8,9 % par rapport à 2020. Or la qualité du blé ontarien est médiocre cette année et celui-ci se destinera en majorité au marché animal. Par conséquent, on peut d’ores et déjà dire que l’offre de grains fourragers sera largement excédentaire en Ontario cette année-ci. Une partie de ce surplus sera probablement exportée aux États-Unis et outre-mer, mais il se pourrait fort bien qu’une portion de cet excédent aboutisse au Québec en concurrençant nos grains.

Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 4,10 $ CA/bu pour livraison immédiate et l’ont terminée à 3,46 $ CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de ChicagoSource  : REUTERS