L'Hebdo - 24 avril 2023

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 17 au 21 avril 2023

Date de publication : Le 24 avril 2023

 

La Bourse de Chicago a eu une semaine baissière. La demande à l’exportation faiblit aux États-Unis, alors que la nouvelle récolte de soya brésilien accapare le marché. Par ailleurs, le marché semble rassuré quant à l’accord sur les corridors maritimes ukrainiens étant donné que le ministre des Affaires étrangères russe va rencontrer le secrétaire des Nations Unies. Finalement, de faibles précipitations sont prévues au cours des prochains jours dans le cœur de la Corn Belt, elles seront accompagnées d’une remontée des températures, un scénario favorable pour les semis du maïs.

 

Les semis dans le Midwest sont complétés à 8 % pour le maïs (vs la moyenne de 5 %), 4 % pour le soya (vs 1 %) et 3 % pour le blé de printemps (vs 7 %).

 

Les exportations hebdomadaires américaines de grains ont été bonnes pour le maïs, et conformes aux attentes pour le soya et le blé. Elles se sont établies à 240 000 tonnes (t) de blé, 526 000 t de soya et 1,2 million de tonnes (Mt) de maïs. Depuis le début de l’année récolte, les exportations cumulées de soya accusent une légère avance de 1,3 % par rapport à l’an passé, tandis que celles du blé ont un retard de 3,3 %. Les exportations de maïs continuent d’afficher un très grand retard de 35,6 %, quoique celui-ci devrait s’amenuiser en raison de la vague d’achats chinois depuis la mi-mars.

 

Les ventes hebdomadaires américaines à l’exportation sont bonnes pour le blé, mais décevantes pour le maïs, et surtout le soya. Elles se sont établies à 103 000 t de soya, 305 000 t de blé, ainsi que 734 000 t de maïs réparties sur l’année en cours et la suivante. Par rapport à l’an passé, les ventes cumulées accusent des retards de 3,8 % pour le blé, de 11,8 % pour le soya et de 32,8 % pour le maïs.

 

La production hebdomadaire américaine d’éthanol a rebondi de 65 000 barils/jour, repassant au-dessus de la barre du million de barils/jour pour s’établir à 1,02 million de barils/jour. Les stocks se sont accrus de 165 000 barils, atteignant 25,29 millions de barils.

 

La trituration du soya aux États-Unis s’est fortement accru le mois passé, atteignant un niveau quasi record de 185,8 millions de boisseaux.

 

Aux prises avec une production record de soya, le Brésil a vu le prix de la fève dégringoler, tant et si bien que des utilisateurs de la côte Est américaine ont acheté quelques navires de soya brésilien. Depuis l’ouverture des ports dans le nord-est du Brésil, le coût du fret maritime a été sensiblement réduit. Par ailleurs, on a la confirmation d’achats massifs de soya brésilien par les triturateurs argentins. L’Argentine étant normalement le premier exportateur mondial de tourteau de soya a une récolte désastreuse en raison d’une sécheresse intense.

 

La Russie a repris les inspections des navires transportant des grains ukrainiens en mer Noire. Malgré les tensions, les multiples déclarations des dirigeants russes et les plaintes du gouvernement ukrainien, l’accord sur les corridors maritimes fonctionne très bien. Les exportations de grains de l’Ukraine ont dépassé 5 Mt le mois passé, soit un niveau d’exportations mensuelles quasiment similaire à celui de l’avant-guerre.

 

La crise causée par le flot de grains ukrainiens en Europe centrale s’amplifie. La Pologne et la Hongrie, puis la Slovaquie ont décrété un embargo sur les importations de grains de l’Ukraine, ces embargos ont été immédiatement qualifiés d’illégaux par la Commission européenne. L’afflux massif de grains ukrainiens dans les pays voisins a mené à un effondrement des prix locaux. Bruxelles devra octroyer de généreuses subventions aux pays affectés pour régler la crise politique.

 

La Saskatchewan et le Manitoba ont eu une tempête de neige. Les semis ne seront pas hâtifs cette année dans les Prairies canadiennes.

 

La grève des fonctionnaires fédéraux affecte aussi la Commission canadienne des grains (CCG) qui certifie les grains exportés par navires à partir des ports du Saint-Laurent (le mandat de la CCG ne s’applique pas aux conteneurs). Fort heureusement, des plans de contingence avaient été mis en place par la CCG et les exportateurs. Pour le moment, les exportations de grains se poursuivent normalement et ne subissent pas de contrecoups de la grève.

 

La nouvelle convention de mise en marché des porcs au Québec a été dévoilée : le Québec va produire 1,1 million de porcs en moins. Cela se traduira par une baisse de la demande annuelle de maïs évaluée entre 200 000 et 300 000 tonnes. La consommation locale du maïs totalisait habituellement autour de 2,9 Mt par an. On pourrait donc voir la demande de maïs se réduire de 7 % à 10 % en 2023-2024. La crise qui secoue le secteur porcin pourrait mener à une hausse des superficies ensemencées de soya aux dépens du maïs au Québec ce printemps. On aura une première réponse de Statistique Canada le 26 avril concernant le dévoilement des intentions d’ensemencements.

 

Les bases du maïs pour livraison immédiate et à la récolte ont commencé la semaine à 1,49 $ CA/bu et 1,60 $ CA/bu, respectivement, elles ont terminé à 1,01 $ CA/bu et 1,56 $ CA/bu. Les bases du soya pour livraison immédiate ont débuté le lundi à 4,94 $ CA/bu et elles ont fini à 4,75 CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago (source Reuters)

 

Source: Reuters