L'Hebdo - 4 octobre 2021

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 27 septembre au 1er octobre 2021

Date de publication : Le 4 octobre 2021

 

Le marché était nerveux avant la publication des inventaires trimestriels de grains aux États-Unis, le 30 septembre. Ce rapport, habituellement anodin, revêtait plus d’importance cette année étant donné que les offres et demandes sont serrées. Les chiffres publiés sont baissiers pour le maïs et le soya, et haussiers pour le blé. En effet, les stocks sont plus élevés que prévu pour le maïs et le soya avec 1,236 milliard de boisseaux (Gbu) et 256 millions de boisseaux, respectivement. Par contre, les inventaires de blé sont moins élevés que prévu, à 1,78 Gbu. Les contrats à terme du maïs et du blé se sont nettement appréciés. Le blé est aussi soutenu par les conditions assez sèches dans les régions du blé de force roux d’hiver (hard red winter wheat) du Midwest.

Le soya a fléchi à la Bourse de Chicago. Non seulement la fève subit le contrecoup du rapport sur les stocks, indiquant un niveau d’inventaire plus élevé qu’anticipé, mais les prévisions portant sur la récolte brésilienne se multiplient. La dernière en date, de StoneX, projette une récolte record de plus de 144 millions de tonnes de soya, fracassant les records des années précédentes. Certes, les semis ont tout juste démarré au Brésil, et toute prévision du rendement est aléatoire à ce stade-ci. Mais les analystes s’entendent pour dire que la superficie ensemencée va continuer de croitre rapidement. En effet, le défrichement de nouvelles terres se poursuit à toute allure, encouragé par les marges de profits records dont bénéficient les producteurs agricoles brésiliens depuis plusieurs années. Cette hausse phénoménale des superficies a l’appui de l’État, qui impose très peu de contraintes réglementaires, que ce soit sur le plan environnemental ou en matière de main-d’œuvre.

On observe une bonne progression du battage dans le Midwest grâce à des conditions météo favorables. En date du 26 septembre, la récolte était complétée à 18 % pour le maïs et à 16 % pour le soya. Par ailleurs, 34 % du blé d'automne était semé.

Les expéditions hebdomadaires américaines ont montré une amélioration de la situation des terminaux céréaliers du Golfe. Même si le chiffre de 518 000 tonnes de maïs expédiées demeure en dessous de la normale, il reflète un accroissement par rapport aux semaines précédentes et une logistique qui progresse dans la bonne direction.

La production hebdomadaire américaine d’éthanol s’est encore abaissée, soit de 12 000 barils/jour, pour s’établir à un niveau médiocre de 914 000 barils/jour. Les stocks se sont accrus de 109 000 barils pour atteindre 20,22 millions de barils. On est loin du niveau « normal » de la production d’un million de barils par jour qui prévalait avant la COVID. La faible demande d’éthanol aux États-Unis devient préoccupante.

La Chine a imposé des mesures drastiques pour abaisser la demande d’électricité afin de limiter la pollution et de contrôler les émissions de carbone (l’électricité en Chine provient majoritairement de centrales de charbon). Des usines ont dû carrément arrêter leurs opérations, y compris 20 usines de trituration de soya à travers le pays. Le choix des industries affectées n’est peut-être pas anodin. Une excellente récolte de maïs est sur le point d’être battue en Chine : un frein à la production de tourteau de soya aidera à écouler la nouvelle production de maïs…

L’Argentine est sur le point d’être le premier pays à approuver commercialement un blé génétiquement modifié. C’est le cultivar HB4 résistant à la sécheresse, de la firme Bioceres. L’Association de la minoterie brésilienne Abitrigo menace de cesser les importations de blé argentin si ce blé génétiquement modifié est approuvé. Le Brésil est habituellement un grand importateur de blé argentin dans le cadre de l’accord commercial Mercosur.

La Chine a publié les contingents tarifaires pour 2022, permettant d’importer des quantités fixes de certains produits à un taux de droit peu élevé. Ces contingents sont inchangés pour le maïs (7,2 Mt) et le blé (9,64 Mt). Il faut toutefois souligner que ces chiffres ne sont pas nécessairement des plafonds : on en a eu la preuve en mai lorsque le secteur parapublic chinois a subitement acheté en l’espace de quelques jours plus de 10,7 Mt de maïs américain pour livraison en 2021-2022.

L’état des cultures au Québec de La Financière agricole indique qu’au 28 septembre le battage était complété à 98 % pour le blé, à 95 % pour l'orge, à 88 % pour l'avoine, à 57 % pour le canola, à 22 % pour le soya et à 2 % pour le maïs. Le rendement prévu des céréales est dans la normale pour la plupart des régions, mais inférieur en Montérégie; la qualité prévue est dans la normale ou inférieure. Pour le soya, le rendement et la qualité sont près de la normale. En ce qui concerne le canola, le rendement et la qualité prévus sont dans la normale ou inférieurs. Finalement, le rendement et la qualité prévus du maïs sont dans la normale.

Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 3,02 $ CA/bu pour livraison immédiate et 2,04 $ CA/bu pour livraison à la récolte; elles l’ont terminée à 3,53 $ CA/bu et 2,23 $ CA/bu, respectivement. Les bases du soya pour livraison immédiate ont commencé la semaine à 3,49 $ CA/bu et l'ont finie à 3,50 $ CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de ChicagoSource  : REUTERS