L'Hebdo - 7 septembre 2021

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 30 août au 3 septembre 2021

Date de publication : Le 7 septembre 2021

 

Les trois premiers jours de la semaine ont été nettement baissiers à la Bourse de Chicago. Les mauvaises nouvelles se sont succédé. D’une part, Cargill a confirmé que l’un de ses terminaux céréaliers en Louisiane a subi d’importants dommages à la suite de l’ouragan. Même si les autres terminaux portuaires semblent s’en être plutôt bien tirés, le marché craint que le ralentissement des exportations de grains à partir du Golfe ne dure assez longtemps, alors que le battage du maïs et du soya va bientôt débuter dans le Midwest. D’autre part, la production hebdomadaire américaine d’éthanol a continué de baisser : elle s’est établie à seulement 905 000 barils/jour, alors que le niveau « normal » d’avant la pandémie était autour d’un million de barils par jour. Par ailleurs, l’USDA a annoncé que les superficies ensemencées en maïs et soya seraient révisées dans le rapport mensuel du 10 septembre. Ceci est inhabituel, car la révision des superficies a normalement lieu en octobre. Même si l’annonce de l’USDA ne veut pas nécessairement dire que les superficies seront changées, certains observateurs en déduisent qu’elles seront augmentées la semaine prochaine. Il faut souligner que le marché avait été surpris par le rapport du 30 juin : il s’attendait à plus de superficies de maïs et de soya compte tenu des prix et des marges de profits élevées. Finalement, un analyste de la firme StoneX soutient que les importations chinoises de maïs n’atteindront pas 26 millions de tonnes (Mt) cette année comme le prévoit l’USDA. Le battage du maïs va bientôt débuter en Chine, et la production devrait être supérieure à celle de l’an passé. De plus, les cultures locales de blé ont été affectées par des conditions météo défavorables : une partie du blé déclasse et va se destiner à l’alimentation animale, ce qui atténuera la demande de maïs.

Les rapports en provenance de la Chine concordent pour confirmer un retournement de la situation. La reconstruction phénoménale du cheptel porcin qui a suivi la grippe porcine a pris fin, le prix local du porc est en forte baisse et les marges de profits de l’industrie sont retombées. Par conséquent, la demande de grains pour l’alimentation animale plafonne, alors que les inventaires sont élevés. Le résultat est que les importations de grains pour l’alimentation animale ralentissent, d’autant plus que le battage du maïs va bientôt débuter en Chine – la nouvelle récolte devrait être meilleure que celle de l’an passé. Les importateurs chinois auraient annulé des achats d’orge fourragère de la mer Noire totalisant près de 400 000 tonnes. Heureusement que la demande de soya ne montre pas de signes de ralentissement : des achats de soya américain sont annoncés quasiment tous les jours.

Statistique Canada a publié ses estimations des récoltes, brossant un portrait désastreux de la production nationale des céréales et du canola. Comme anticipé, les rendements canadiens du blé, du canola, de l’orge et de l’avoine sont en chute libre en raison de la sécheresse qui a ravagé les provinces de l’Ouest. Par conséquent, ces quatre productions dégringolent de 24,3 à 34,8 %. La récolte de soya chute de 8,4 % pour s’établir à 5,8 Mt, le plus bas niveau depuis 2013, en raison de baisses simultanées dans l’est du Canada, mais aussi et surtout à cause d’un rendement désastreux de 1,5 t/ha au Manitoba (la production manitobaine est estimée à seulement 805 000 tonnes, alors qu’elle avait atteint un sommet de 2,2 Mt en 2017). En Ontario, en revanche, la production de maïs atteint un niveau record de 9,1 Mt. La récolte de soya fléchit légèrement à 3,8 Mt, tandis que la production de blé bondit de 8,9 %, pour s’établir à 2,7 Mt, en raison de l’excellent rendement du blé d’automne.

Voici les estimations pour le Québec : 3,52 Mt de maïs (avec un rendement de 9,9 t/ha), 1,07 Mt de soya (2,9 t/ha), 311 400 t de blé (3,3 t/ha), 170 500 t d’avoine (2,7 t/ha), 149 000 t d’orge (3,4 t/ha) et 27 600 t de canola (2,1 t/ha). Les rendements du maïs et des céréales sont en nette amélioration par rapport à l’an passé et reviennent à la normale, alors qu’ils avaient été carrément médiocres en 2020. Le rendement du soya, cependant, est en net repli, alors qu’il avait atteint un niveau record de 3,25 t/ha l’an dernier. La production augmente de 7,8 % pour le maïs, de 15 % pour le canola, de 18,3 % pour l’orge et de 25,3 % pour le blé; elle baisse de 1,6 % pour l’avoine (en raison de la diminution de la superficie) et de 8 % pour le soya. Pour les 6 principaux grains, la production totalise 5,25 Mt, en hausse de 5 % par rapport à l’an passé. Le portrait qui se dégage est donc celui d’une production et de rendements moyens.

Au 31 août, le battage au Québec était complété à 59 % pour le blé, à 53 % pour l'orge, à 30 % pour l'avoine et à 3 % pour le canola. Selon la Financière agricole du Québec, la récolte des céréales d’automne est terminée dans toutes les régions; le rendement est prévu dans la normale ou supérieur à celle-ci, et la qualité devrait être dans la normale dans la majorité des régions. Pour les céréales de printemps, le rendement prévu est dans la normale ou supérieur à celle-ci dans la plupart des régions, mais inférieur en Montérégie; la qualité prévue est dans la normale ou inférieure à la normale. Par ailleurs, le développement du soya est variable selon la région : il est en avance dans le Bas-Saint-Laurent, dans le Centre-du-Québec, en Mauricie, en Montérégie – secteur de Saint-Hyacinthe ainsi qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean. On note un assèchement des feuilles, et le remplissage des gousses est ralenti en raison du déficit hydrique et de la chaleur. Le développement du maïs est dans la normale ou en avance dans la majorité des régions, mais en retard dans Lanaudière. Pour ce qui est du canola, le rendement et la qualité sont prévus dans la normale ou inférieurs à la normale. La Financière agricole note que les fortes chaleurs et les précipitations rares des dernières semaines ont accentué le déficit hydrique des sols dans l’ensemble des régions – les sols légers et sablonneux sont les plus affectés.

Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 3,87 $ CA/bu pour livraison immédiate et l’ont terminée à 3,79 $ CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de ChicagoSource  : REUTERS