Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - février 2024


Publié le: 23 février 2024

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(23 février 2024)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 22 janv. 2023
22 fév. 2024
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs mars 2024 ($ US/bu) 4,4575 4,0600 -0,3975 -8,9
Contrat soya mars 2024 ($ US/bu) 12,2425 11,4775 -0,765 -6,2
Prix du soya/Prix du maïs 2,75 2,83    
Contrat maïs juillet 2024 ($ US/bu) 4,6475 4,3075 -0,34 -7,3
Contrat soya juillet 2024 ($ US/bu) 12,4125 11,6075 -0,805 -6,5
Prix du soya/Prix du maïs 2,6700 2,6900    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7427 0,7417 -0,001 -0,1

 

Marché local (FAB ferme)
Semaine du 15 janvier 2024
Semaine du 12 février 2024
Maïs - livraison immédiate
   
Base $ CA/bu
1,72 1,48
Base $ US/bu
0,13 0,0
Prix $ CA/t
243 227
Soya - livraison immédiate
   
Base $ CA/bu 3,81 3,68
Base $ US/bu -0,30 -0,35
Prix $ CA/t 589 571

 

FACTEUR HAUSSIER

Malgré un programme d’exportation brésilien record, les ventes cumulées à l’exportation du maïs américain affichent toujours une avance de près de 30 % par rapport à l’an passé, alors que l’USDA prévoit que les exportations seront en hausse de 26,4 %. Il faut souligner que les États-Unis bénéficient du fait que l’Argentine, le troisième exportateur mondial, a dû réduire ses ventes au cours des derniers mois en raison d’une production décimée par la sécheresse en 2023.

 

FACTEURS BAISSIERS

L’USDA a publié leurs premières offres et demandes américaines pour les trois principaux grains en 2024-2025. Le portrait est clairement baissier : les stocks sont en hausse et les prix baissent. Les inventaires vont augmenter en 2025, avec 2532 millions de boisseaux (Mbu) de maïs (vs 2172 Mbu en 2024), 435 Mbu de soya (vs 315 Mbu) et 769 Mbu de blé (vs 658 Mbu). On prévoit que les prix des trois grains baisseront l’an prochain, avec 4,40 $/bu pour le maïs (vs 4,80 $), 11,20 $/bu pour le soya (vs 12,65 $/bu) et 6,00 $/bu pour le blé (vs 7,20 $/bu; tous blés confondus). Pour ce qui des superficies, l’USDA projette 91 millions d’acres (Ma) de maïs, en baisse de 3,6 Ma par rapport à 2023, 87,5 Ma de soya, en hausse de 3,9 Ma, et 47 Ma de blé, en baisse de 2,6 Ma. Ces superficies n’ont créé aucune surprise, le marché s’y attendait.

 

 

Les ventes cumulées à l’exportation du soya américain accusent un retard de près de 19 % par rapport à l’an passé, alors que l’USDA prévoit une baisse de 13,7 % des exportations cette année-ci. La fève brésilienne concurrence sévèrement le soya des États-Unis.

 

Dans son rapport de février, l’USDA n’a quasiment pas abaissé l’estimation de la production brésilienne de soya, la portant de 157 à 156 millions de tonnes (Mt), ce qui demeure un niveau quasi record. Plusieurs analystes privés ont des estimations en dessous de 150 Mt, mais l’USDA pense que les précipitations en janvier ont réussi à sauver les récoltes après trois mois très secs, dans le centre et le nord du pays.

 

À SUIVRE

Les semis de la deuxième récolte de maïs safrinha sont hâtifs au Brésil en raison de la progression rapide du battage du soya. La fenêtre optimale pour les ensemencements du maïs safrinha va jusqu’au 20-25 février. Le rendement du maïs qui est semé en février est normalement plus élevé que celui semé en mars. En effet, la saison des pluies se termine habituellement entre la fin avril et la mi-mai.

 

La demande chinoise est projetée atteindre d‘excellents niveaux, soient 102 Mt de soya en 2023-2024 (vs 101 Mt en 20022-23) et 23 Mt de maïs (vs 18,7 Mt). Cela dit, une certaine incertitude règne en raison de la récession économique en Chine.

 

L’industrie porcine québécoise semble être stabilisée après les turbulences de l’an passé, et la vraie réduction du cheptel serait moindre que ce qui avait été annoncé initialement. L’impact sur la demande locale du maïs est présentement évalué à 200 000 tonnes (t) de moins annuellement.

 

SCÉNARIO DES PRIX  :  Neutre à baissier

 

Notre scénario des prix s’est dégradé : il devient neutre à baissier.

 

Le marché mondial des grains avait paniqué en 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. On est depuis passé à l’autre extrême : le marché est devenu complètement indifférent à ce conflit. L’Ukraine réussit à exporter de 3 à 4 Mt de grains par mois (vs 6 Mt avant-guerre), alors que les exportations de blé russe battent des records. La prime au risque a disparu à la Bourse de Chicago.

 

Malgré une météo erratique d’octobre à décembre, le Brésil est en train de battre une récolte abondante de soya. Certes, la production baissera un peu par rapport au niveau record de l’an passé, mais l’approvisionnement sera largement suffisant pour alimenter le marché mondial. Par ailleurs, le maïs safrinha est en train d’être semé tôt, ce qui laisse présager de bons rendements.

 

La dégringolade des prix locaux du maïs au cours des dernières semaines est frappante. Ayant communiqué avec plusieurs négociants, nous sommes en mesure de brosser le portrait suivant. En période de récolte, nos prix étaient nettement plus élevés que ceux de l’Ontario en raison de stocks de report assez serrés, d’une petite récolte au Québec, mais aussi et surtout parce que les producteurs québécois restreignaient leurs ventes. Selon les chiffres des PGQ relatifs aux écoulements des stocks, il s’est mis en marché 117 000 t de moins de maïs entre octobre et décembre 2023 que durant la même période en 2022, soit une diminution de 15%, un écart important! Il y a eu alors une réelle déconnexion entre les prix recherchés par les producteurs du Québec et ceux offerts en Ontario. L’industrie et le négoce se sont tournés vers nos voisins et il y a eu d’importants achats de maïs ontarien.

 

Par ailleurs, dans un marché boursier baissier, les utilisateurs ont peu d’incitatifs à contractualiser d’avance : ils couvrent leurs besoins immédiats et à très court terme, et attendent pour leurs besoins à court et moyen terme. Quand le marché baisse, le temps joue en faveur des acheteurs.

 

On peut dire que l’équilibre s’est refait depuis avec la baisse des prix québécois - s’il y a encore du maïs ontarien qui rentre, c’est probablement du grain qui a été contracté à la récolte. Avec la diminution des bases locales, on s’est rapproché des valeurs du marché d’exportation. Les exportateurs demeurent baissiers, mais ils sont plus attentifs dernièrement, ce qui est bon signe. Nous avons besoin d’exporter nos surplus qui, il faut le rappeler, ne sont pas énormes cette année après une petite récolte. Ce n’est qu’une fois ces surplus écoulés qu’on pourra espérer une remontée des bases. Quant à l’industrie porcine, tout indique que la situation est en voie de stabilisation.

 

Le marché local du maïs a repris, les producteurs se remettent à vendre, et les utilisateurs sont acheteurs aux prix courants. Cela amène certains négociants à croire que le marché va se stabiliser autour de 225-230 $ la tonne à la ferme d’ici les semis, pourvu que la Bourse de Chicago ne pique pas du nez.

 

Pour ce qui est du marché boursier, personne n’a la boule de cristal. On semble être à la recherche d’un plancher qu’on ne trouve pas. Avec les premières estimations de l’USDA carrément baissières pour 2024-2025, on pourrait continuer à creuser pour voir s’il y a des supports quelque part en dessous! On aura les intentions d’ensemencements des producteurs américains le 28 mars. Ensuite les cours de la Bourse seront déterminés par l’évolution des semis et la météo ce printemps. Dans un contexte incertain et qui pourrait devenir plus négatif, les producteurs sont avisés de suivre le marché de très près et de profiter d’éventuels rebonds boursiers pour fermer des prix.

 

Quant au soya, qui est destiné principalement à l’exportation, les producteurs ont relativement peu de fève invendue dans leurs silos. Et contrairement au maïs, il y a de nombreux acheteurs pour la prochaine récolte. Les prix présentement disponibles pour le soya OGM sont autour de 540 à 550 $ la tonne FAB ferme pour la récolte, un niveau de prix qui pourrait être relativement intéressant pour des producteurs qui voudraient fermer des prix pour une partie de leur production 2024.

 

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