Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Novembre 2021


Publié le: 29 novembre 2021

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(29 novembre 2021)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 25 oct. 2021
26 nov. 2021
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2021 ($ US/bu) 5,3800 5,8675 0,4875 9,1
Contrat soya janvier 2022 ($ US/bu) 12,4700 12,5275 0,0575 0,5
Prix du soya/Prix du maïs 2,32 2,14    
Contrat maïs déc. 2022 ($ US/bu) 5,3325 5,6250 0,2925 5,5
Contrat soya nov.2022 ($ US/bu) 12,3400 12,4025 0,0625 0,5
Prix du soya/Prix du maïs 2,31 2,20    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,8074 0,7827 -0,0247 -3,1

 

Marché local (FAB ferme) Semaine du 20 sept. 2021
Semaine du 18 oct. 2021
Semaine du 22 nov. 2021
MAÏS - LIVRAISON RÉCOLTE 2021
Maïs - Base ($ CA/bu) 1,89 2,02 1,82
Maïs - Base ($ US/bu) 0,38 0,61 0,21
Maïs - Prix ($ CA/t) 282 290 299
SOYA - LIVRAISON NOVEMBRE 2021
Soya - Base ($ CA/bu) 2,62 3,10 3,35
Soya - Base ($ US/bu) -0,74 0,14 -0,07
Soya - Prix ($ CA/t) 569 568 591

 

 

FACTEURS HAUSSIERS

L’USDA a abaissé le rendement du soya américain de 0,3 bu/acre, alors que le marché attendait une hausse.

Le rythme des ventes des producteurs demeure un facteur haussier. L’an passé, les producteurs qui ont vendu leurs grains au début de l’année récolte ont manqué la hausse subséquente des prix et ont été lésés. Par conséquent, beaucoup de producteurs nord-américains commercialisent leurs grains plus lentement cette année. La pression baissière du battage sur les contrats à terme a donc été plus nuancée.

Le marché mondial du blé panifiable, affecté par la baisse des approvisionnements aux États-Unis, au Canada et en Russie, compte sur la production de blé en Australie, qui s’annonce abondante. Or l’Australie a eu d’importantes précipitations au cours des dernières semaines, alors que le battage du blé battait son plein. La qualité a été affectée et une partie du blé australien va déclasser

À la suite d’une deuxième récolte de maïs (safrinha) décimée par la sécheresse, l’estimation des exportations brésiliennes de maïs a été de nouveau abaissée par l’USDA dans le rapport de novembre. Elle est maintenant de 17,5 millions de tonnes (Mt), comparativement à 35,2 Mt l’an passé.

La demande pour les biocarburants – éthanol et biodiesel – a fortement rebondi. La production hebdomadaire américaine d’éthanol se maintient au-dessus de 1 million de barils par jour, soit à des niveaux quasi records.

 

 

FACTEURS BAISSIERS

L’USDA a abaissé son estimation du prix moyen du soya au producteur de 0,25 $/bu pour l’établir à 12,10 $/bu.

Le rythme des ventes de grains américains à l’exportation accuse un retard important par rapport à l’an passé. Ce retard est de 6,8 % pour le maïs et de 30,3 % pour le soya – dans les deux cas, cela est principalement dû à la Chine. Pour le maïs, le retard peut sembler raisonnable puisque l’USDA estime que les exportations vont baisser de 9,2 % par rapport à l’an passé. Mais ce retard risque de s’accentuer puisque les ventes réalisées à ce jour comprennent près de 11 Mt de maïs américain achetées par les Chinois en mai pour livraison en 2021-2022; or à la suite de ces achats, les Chinois ont disparu du marché américain. Pour le soya, la situation est encore plus inquiétante alors que l’USDA estime que les exportations vont baisser de 9,5 % par rapport à l’an passé. Le retard des ventes s’est creusé dès le début de la saison. Normalement, la fin de l’été et l’automne sont le moment idéal pour les ventes américaines avec l’arrivée de la nouvelle récolte aux États-Unis et alors que la saison tire à sa fin au Brésil. Il est clair que cette année les Chinois ont privilégié la fève brésilienne aux dépens du soya américain.

Le battage du maïs achève en Ukraine. Le gouvernement a haussé son estimation de la récolte de 2 Mt pour la porter à un niveau record de 40 Mt, comparativement à 38 Mt pour l’USDA. Si cette hausse est confirmée, elle se traduira probablement par une augmentation équivalente des exportations, qui sont présentement estimées à 31,5 Mt.

 

 

À SUIVRE

La hausse du rendement du maïs américain de 0,5 bu/acre a été moindre que prévu. Il faudra voir si l’estimation finale en janvier sera plus élevée ou pas.

Les conditions météo sont excellentes en Amérique du Sud depuis le début de la saison, aussi bien au Brésil qu’en Argentine. Contrairement à l’an passé, le soya a été semé rapidement au Brésil. Par conséquent, les ensemencements de la deuxième récolte de maïs (safrinha) pourront se faire tôt en février, après le battage de la fève, ce qui est de bon augure pour le rendement du maïs. L’USDA estime que le Brésil produira 144 Mt de soya et 118 Mt de maïs, soit des niveaux records pour les deux grains. Cela dit, la saison a juste débuté et les conditions météo devront demeurer favorables au cours des prochains mois pour que ces niveaux de production soient réalisés.

La forte hausse du prix des fertilisants incite certains analystes à prévoir une baisse substantielle des semis du maïs au profit du soya l’an prochain. On aura les premières estimations de l’USDA en février et les intentions d’ensemencement des producteurs américains à la fin mars.

Et la grande inconnue qu’est la COVID-19 demeure. La pandémie semblait sous contrôle, mais il y a présentement une recrudescence des cas dans certains pays en raison de l’apparition de nouveaux variants.

 

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre jusqu'à la fin de l'hiver / Baissier au printemps

 

Notre scénario des prix demeure neutre jusqu’à la fin de l’hiver, mais il devient baissier au printemps. À court terme, le marché est soutenu par la sécheresse qui a frappé de plein fouet le maïs safrinha au Brésil au printemps, puis les céréales et le canola de l’Ouest canadien en été, ainsi que le blé de force roux de printemps aux États-Unis. Et pour couronner le tout, la Russie, premier exportateur mondial de blé, a vu sa production de blé baisser de 13 %.

 

La table est maintenant mise pour l’offre de grains dans l’hémisphère nord. Les États-Unis ont battu de très bonnes récoltes de maïs et de soya : par rapport à l’an passé, la production va augmenter de 6,7 % pour le maïs (15,1 milliards de boisseaux [Gbu]) et de 5 % pour le soya (4,43 Gbu). Certes, les stocks vont se redresser, mais ils demeureront assez serrés avec 1,5 Gbu de maïs et 340 millions de boisseaux de soya.

 

La plus grande inconnue demeure la demande chinoise de grains, qui a été la principale raison de la flambée des prix en 2020-2021. Habituellement un petit importateur de maïs, la Chine a pris le marché par surprise l’an passé en achetant des millions de tonnes de maïs américain : du jour au lendemain, la Chine est devenue le premier importateur mondial de maïs. Or, la demande de maïs semble plafonner avec la fin de la reconstitution du cheptel porcin, et le Brésil est devenu le fournisseur privilégié de la Chine pour ce qui est du soya.

 

Pour ce qui est du bond anticipé au printemps des superficies de soya aux dépens du maïs, cela reste à voir. Certes les prix des fertilisants ont grimpé, mais le maïs demeure une culture très payante. D’ailleurs, le ratio du contrat à terme du soya sur celui du maïs pour la prochaine récolte est présentement de 2,2, un rapport de prix favorisant le maïs.

 

La probabilité est faible qu’on ait à nouveau en 2022 des sécheresses au Brésil, en Russie, au Canada et dans le Midwest. D’ailleurs pour ce qui est du Brésil, si les conditions météo favorables se maintiennent, les productions de soya et de maïs atteindront des niveaux records. L’année 2022-2023 pourrait donc voir un rebond de la production mondiale de grains, accompagné d’un plafonnement de la demande chinoise. Une pression baissière s’exercera sur le marché au printemps. Le marché va se baser sur les intentions d’ensemencement aux États-Unis à la fin mars. Si les semis ont lieu dans de bonnes conditions dans le Midwest et au Québec, on pourrait voir la pression baissière s’intensifier, aussi bien à la Bourse de Chicago que dans le marché local.

 

 

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