Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Octobre 2021


Publié le: 26 octobre 2021

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(26 octobre 2021)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 23 sept. 2021
25 oct. 2021
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2021 ($ US/bu) 5,2925 5,38 0,0875 1,7
Contrat soya novembre 2021 ($ US/bu) 12,8425 12,3725 -0,47 -3,7
Prix du soya/Prix du maïs 2,43 2,30    
Contrat maïs mai 2022 ($ US/bu) 5,4125 5,5050 0,0925 1,7
Contrat soya mai 2022 ($ US/bu) 13,0325 12,6500 -0,3825 -2,9
Prix du soya/Prix du maïs 2,41 2,30    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7905 0,8074 0,0169 2,1

 

Marché local (FAB ferme) Semaine du 16 août 2021
Semaine du 20 sept. 2021
Semaine du 18 oct. 2021
LIVRAISON IMMÉDIATE
Maïs - Base ($ CA/bu) 3,80 3,16 2,34
Maïs - Base ($ US/bu) 1,81 1,34 0,87
Maïs - Prix ($ CA/t) 368 329 302
LIVRAISON RÉCOLTE
Maïs - Base ($ CA/bu) 2,02 1,93 1,93
Maïs - Base ($ US/bu) 0,42 0,40 0,54
Maïs - Prix ($ CA/t) 302 283 286
Soya - Base ($ CA/bu) ND 3,39 2,92
Soya - Base ($ US/bu) ND -0,09 0,02
Soya - Prix ($ CA/t) ND 594 558

 

 

FACTEURS HAUSSIERS

À la suite d’une sécheresse impitoyable dans les Prairies et d’un rendement désastreux, les exportations de blé du Canada seront très restreintes cette année. L’USDA a abaissé sa prévision de 2 millions de tonnes (Mt) à 15 Mt, contre 26,4 Mt l’an passé. Situation similaire pour le maïs safrinha au Brésil : l’USDA a diminué son estimation des exportations de maïs de 2 Mt à 22 Mt, comparativement à 35,2 Mt l’an passé. Aux États-Unis, la mauvaise récolte de blé de printemps amène une autre révision baissière de la production globale de blé, qui passe de 1697 à 1646 millions de boisseaux (Mbu), contre 1828 Mbu en 2020. Les stocks de blé chutent à 580 Mbu en 2022, comparativement à 845 Mbu en 2021.

Le rythme des ventes des producteurs est un facteur haussier cet automne. L’an passé, les producteurs qui ont vendu leurs grains au début de l’année récolte ont manqué la hausse subséquente des prix et ont été lésés. Par conséquent, beaucoup de producteurs nord-américains ont décidé de commercialiser leurs grains plus lentement cette année. La pression baissière du battage sur les contrats à terme est donc plus nuancée ces temps-ci.

 

 

FACTEURS BAISSIERS

À l’exception d’un terminal portuaire lourdement endommagé par l’ouragan, les exportations américaines de grains à partir des ports du Golfe sont revenues à la normale.

La progression du battage est rapide aux États-Unis : en date du 24 octobre, la récolte était complétée à 66 % pour le maïs et à 73 % pour le soya.

Contrairement à l’an passé, la saison des pluies a bien débuté au Brésil, et le rythme des semis du soya est particulièrement rapide jusqu'à maintenant. Par conséquent, les ensemencements de la deuxième récolte de maïs (safrinha) pourront se faire tôt en février, après le battage de la fève, ce qui est de bon augure pour le rendement du maïs.

Les estimations des inventaires de maïs et de soya aux États-Unis ont augmenté. Les stocks de maïs passent de 1408 à 1500 Mbu en 2022, contre 1236 Mbu en 2021. Ceux du soya passent de 185 à 320 Mbu en 2022, contre 256 Mbu en 2021.

L’USDA a abaissé la prévision du prix du soya en 2021-2022 de 0,55 $/bu pour l’établir à 12,35 $/bu.

 

 

À SUIVRE

La forte hausse du prix des fertilisants incite certains analystes à prévoir une baisse substantielle des semis du maïs au profit du soya l’an prochain. Cet exercice est prématuré alors que le battage n’est pas terminé dans le Midwest, mais les fils de presse l’ont rapporté.

Aux États-Unis les ventes cumulées à l’exportation accusent un retard de 20 % pour le blé et de 35 % pour le soya, tandis que le rythme des ventes est équivalent à celui de l’an passé pour ce qui est du maïs. Le retard est tout à fait normal en ce qui concerne le blé puisque la production américaine est en baisse de 10 %. En revanche, le retard des ventes de soya est beaucoup plus préoccupant : il reflète le fait que le Brésil est devenu le fournisseur privilégié de la Chine. Finalement, le chiffre des ventes cumulées du maïs est principalement dû aux achats massifs du secteur public chinois en mai dernier pour livraison en 2021-2022. Depuis, les Chinois ont disparu du marché. Par conséquent, le rythme des ventes américaines, qui était très en avance par rapport aux années précédentes, est redevenu similaire à celui de l’an passé.

 

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre

 

Notre scénario des prix a changé : il est neutre. Au Québec, le battage du soya et du maïs a été ralenti depuis la mi-octobre par les précipitations. Notre récolte de maïs, projetée à 3,56 Mt, serait une nette amélioration par rapport à l’an passé, mais ce niveau de production ne nous mènerait pas à une vraie situation de surplus.

 

Comme prévu, les prix et les bases du maïs de l’ancienne récolte ont nettement chuté au cours des deux derniers mois, mais ceux de la nouvelle récolte se maintiennent bien. Quant au soya, les prix et les bases en dollars canadiens ont fléchi comme on s'y attendait. Les bases de la fève en dollars américains sont demeurées stables autour de 0.

 

La table est maintenant mise pour l’offre de grains dans l’hémisphère nord. Les États-Unis sont en train de battre de très bonnes récoltes : par rapport à l’an passé, la production va augmenter de 6,4 % pour le maïs (15 milliards de boisseaux [Gbu]) et de 5,5 % pour le soya (4,45 Gbu). La situation de l’offre et de la demande de soya restera serrée avec des inventaires bas en 2022, mais ceux-ci sont en augmentation par rapport à 2021. Pour ce qui est du maïs, les stocks reviennent à un niveau presque normal.

 

Le blé panifiable est présentement le facteur le plus haussier dans le marché mondial des grains, avec des chutes brutales de production au Canada, aux États-Unis et en Russie. Ces baisses sont toutefois contrecarrées par de très bonnes récoltes de céréales en Europe, en Ukraine et en Australie.

 

Comme toujours, la plus grande inconnue demeure la demande chinoise de grains, qui a été la principale raison de la flambée des prix en 2020-2021 : cette demande semble plafonner.

 

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