Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - juin 2024


Publié le: 14 juin 2024

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(14 juin 2024)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 21 mai 2024
13 juin 2024
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs juillet 2024 ($ US/bu) 4,5800 4,5850 0,005 0,1
Contrat soya juillet 2024 ($ US/bu) 12,3625 11,8950 -0,4675 -3,8
Prix du soya/Prix du maïs 2,70 2,59    
Contrat maïs décembre 2024 ($ US/bu) 4,8225 4,7600 -0,0625 -1,3
Contrat soya novembre 2024 ($ US/bu) 12,1300 11,6025 -0,5275 -4,3
Prix du soya/Prix du maïs 2,52 2,44    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7328 0,7278 -0,005 -0,7

 

Marché local (FAB ferme)
Semaine du 15 avril 2024
Semaine du 13 mai 2024
Semaine du 10 juin 2024
Maïs - livraison immédiate
     
Base $ CA/bu
1,62 1,50 1,63
Base $ US/bu
0,0 -0,14 -0,04
Prix $ CA/t
233 242 241
Maïs - livraison récolte
     
Base $ CA/bu 1,48 1,60 1,62
Base $ US/bu -0,19 -0,15 -0,09
Prix $ CA/t 241 257 248
Soya - livraison récolte      
Base $ CA/bu 3,65 3,43 4,11
Base $ US/bu -0,51 -0,68 -0,15
Prix $ CAT/t 559 569 577

 

 

 

FACTEUR HAUSSIER

Les problèmes météo en Russie (gelées en mai, assèchement du sud du pays) ont affecté la récolte de blé d’automne. L’étendue des dommages est inconnue à ce stade-ci, mais il ne fait aucun doute que la production sera réduite. L’USDA a abaissé les estimations de la production (-5 millions de tonnes – Mt) et des exportations (-4 Mt). La Russie étant le premier exportateur mondial de blé, cela pourrait déplacer une partie de la demande pour le blé fourrager vers d’autres grains, tel le maïs.

 

FACTEURS BAISSIERS

 

Dans son rapport de juin, l’USDA demeure baissier pour 2024-2025 puisque les prix du maïs, du soya et du blé sont toujours prévus baisser par rapport à l’année courante.

 

Sur la base des intentions d’ensemencements, et en utilisant des rendements moyens tendanciels, on anticipe que la production américaine de soya augmente et une baisse de celle du maïs. Malgré tout, les deux types de grains devraient voir leurs stocks s'accroître en 2025.

 

Le programme d’exportation américain du soya a très mal démarré pour 2024-2025 alors que l’USA prévoit que la production va augmenter de 285 millions de boisseaux (Mbu) ou 6,8 %, et que les exportations devraient s’accroitre de 125 Mbu ou 7,4 %. La demande n’ayant pas ralenti, on peut en déduire que les Chinois s’approvisionnent au Brésil.

 

 

À SUIVRE

 

Les semis du maïs et du soya ont été faits dans des conditions tout à fait normales dans le Midwest. Par ailleurs, 72 % du soya et du blé du printemps, ainsi que 74% du maïs sont présentement en bonne ou excellente condition. C’est un bon démarrage pour les cultures aux États-Unis.

 

La guerre économique a repris entre les États-Unis et la Chine: M. Biden a augmenté les tarifs douaniers sur une multitude d'importations chinoises. La Chine va répliquer. La demande chinoise de grains est record pour le soya et très bonne pour le maïs, mais c’est une demande influencée par la géopolitique. La Chine fera tout son possible pour privilégier les autres exportateurs au détriment des États-Unis.

 

Le battage de la deuxième récolte de maïs safrinha a débuté rapidement au Brésil. Dans la région clé du centre-sud, la récolte était complétée à 10% au 10 juin – c’est le rythme le plus rapide en plus de dix ans. Le maïs safrinha représente les trois-quarts de la production nationale; il est destiné principalement à l’exportation. La production nationale de maïs est estimée à 122 Mt, ce qui serait un bon niveau quoique 15 Mt de moins que le niveau record de 2023.

 

Le président brésilien Lula a surpris le marché la semaine passée en instaurant une mesure fiscale temporaire, valide pour 120 jours, ciblant les exportateurs de soya, les triturateurs et l’industrie des biocarburants. En réaction à celle-ci, les négociants ont augmenté les prix de la fève brésilienne sur le marché international. Par conséquent le soya américain est redevenu plus compétitif vis-à-vis de la fève brésilienne. On le voit clairement avec la reprise des annonces de ventes de soya américain à destination de la Chine. Cela dit, l’industrie fait pression auprès du Congrès brésilien pour que cette mesure fiscale soit rejetée. À suivre…

 

Au cours des derniers mois, le canal de Panama a dû réduire sa capacité de navigation en raison du manque de précipitations l’an passé. Cette année, la saison des pluies est normale et les restrictions sont en voie d’être levées. La navigation devrait revenir à la normale prochainement, ce qui facilitera la logistique des grains en vrac et en conteneurs.

 

Plus de deux semaines après le déclenchement de la grève des 85 employés de l’usine de trituration de canola et de soya de Viterra à Bécancour, les négociations piétinent, les deux parties restant sur leur position. Ce conflit a des répercussions sur les producteurs ayant du soya OGM de l’ancienne récolte invendu. En effet, les opportunités de marché pour des ventes immédiates de soya se font rares présentement.

 

SCÉNARIO DES PRIX  :  Neutre à baissier

 

Notre scénario des prix est inchangé : il demeure neutre à baissier.

 

Les prix locaux du maïs et du soya sont présentement relativement stables. Le marché – aussi bien boursier que local – est en mode d’attente. Tous les observateurs suivent la météo au jour le jour, et attendent les publications des superficies ensemencées qui auront lieu à la fin du mois.

 

Le marché mondial des grains, qui avait paniqué en 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, est devenu complètement indifférent à ce conflit : la prime au risque a disparu à la Bourse de Chicago. L’Ukraine exporte présentement de 3 à 5 Mt de grains par mois, comparativement à 6 Mt avant-guerre.

 

Au-delà des différences d’opinions et des estimations qui varient selon les sources, la récolte brésilienne de soya est abondante, et celle du maïs safrinha s’annonce bonne. Certes, les productions baissent par rapport aux niveaux records de l’an passé, mais l’approvisionnement sera largement suffisant pour alimenter le marché mondial.

 

Notre recommandation est inchangée : dans un contexte incertain et qui pourrait devenir plus négatif, les producteurs sont toujours avisés de suivre le marché de très près et de profiter d’éventuels rebonds boursiers pour fermer des prix.

 

 

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