Producteurs de grains du Québec : PGQ
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Analyse du prix des engrais - Mars 2026

Les prix des engrais se sont maintenus au cours des deux derniers mois, à l’exception du prix des engrais phosphatés qui se sont appréciés.

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Grains biologiques : Évolution des prix locaux

Le rapport des prix moyens pondérés FAB ferme (S/tonne) pour les grains biologiques a été mis à jour le 2 avril 2026.

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L'Écho-Marché de mars

Une revue mensuelle de l’actualité dans le secteur des grains. L’Écho-Marché couvre divers sujets ayant un impact sur les grains.

Date de publication : 2 avril 2026

 

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Vidéo enregistrée par nos professionnels résumant l’actualité dans le secteur des grains lors du dernier mois. Source : Chaîne YOUTUBE des Producteurs de grains du Québec.

Le rapport de l'USDA sur l'offre et la demande de grains

Évolution des contrats à terme à Chicago

Le rapport de l’USDA sur l’offre et la demande des grains a été neutre, étant donné le peu de modifications comparativement au mois précédent. Le principal élément d’intérêt concerne la révision à la baisse de la production de maïs et de soya en Argentine, attribuable à la sécheresse en février.

Maïs

L’offre et la demande de maïs aux États-Unis n’ont pas changé par rapport au mois dernier et le prix moyen est resté à 4,10 $ US/bu. À l’international, la production mondiale de 2025-2026 s’est accrue de 1,53 million de tonnes (Mt), portée par la hausse de 1,7 Mt en Ukraine et de 1 Mt au Brésil, malgré une réduction de 1 Mt en Argentine. Les stocks mondiaux ont été renforcés de 3,77 Mt.

Soya

Aux États-Unis, les importations et la demande pour la trituration du soya ont été rehaussées de 5 millions de boisseaux. Le prix moyen s’est maintenu à 10,20 $ US/bu. Sur l’échiquier mondial, la production mondiale de soya s’est effritée de 1 Mt en raison d’une baisse de 0,5 Mt en Argentine et en Ukraine. Les stocks mondiaux ont été réduits de 0,2 Mt.

Blé

Aucune modification n’a été apportée à l’offre et la demande de blé aux États-Unis et le prix moyen s’est apprécié de 0,05 $ US/bu, pour se situer à 4,95 $ US/bu. Sur la scène internationale, la production s’est renforcée de 1 Mt en Ukraine et de 0,43 Mt au Kazakhstan, alors qu’elle a été réduite de 1 Mt en Australie, s’établissant à 36 Mt, la troisième récolte la plus élevée de ce pays. L’Argentine a continué de gruger des parts de marché aux autres grands joueurs : les exportations ont augmenté de 1,5 Mt en Argentine et de 0,8 Mt au Kazakhstan, tandis qu’elles ont reculé de 1 Mt en Union européenne et de 0,5 Mt en Russie et en Ukraine. Les stocks mondiaux se sont érodés de 0,55 Mt.

Le 31 mars, l’USDA a publié ses intentions d’ensemencement pour 2026. Les superficies ensemencées ont été estimées à 95,3 millions d’acres (Ma) pour le maïs, 84,7 Ma pour le soya et 43,8 Ma pour le blé, portant la superficie combinée de ces trois cultures à 223,8 Ma. Ces données sont similaires à celles dévoilées en février dernier lors du USDA Outlook, lesquelles étaient établies à respectivement 94 Ma, 85 Ma et 45 Ma. Par rapport à l’année précédente, cela représente une hausse de 4,3 % pour le soya et une baisse de 3,5 % pour le maïs et de 3,4 % pour le blé. En fait, les superficies ensemencées en blé seraient les plus faibles depuis 1919. Le marché s’attendait à un chiffre plus élevé pour le soya, et moins haut pour le maïs, étant donné la flambée des prix des engrais azotés.

Les stocks de grains au 1er mars s’élevaient à 9,02 milliards de boisseaux (Gbu) pour le maïs, de 2,10 Gbu pour le soya et 1,30 Gbu pour le blé. Comparativement à l’an passé, cela représente des hausses respectives de 10,8 %, 10,1 % et 5,1 %. Les stocks de 2026 par rapport à ceux de 2025 sont prévus augmenter de 37,1 % pour le maïs, 7,7 % pour le soya et 8,8 % pour le blé.

Le 28 février, les États-Unis, en collaboration avec Israël, ont mené une attaque contre l’Iran, provoquant une grande incertitude dans les secteurs de l’énergie et des engrais. La raison en est que l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, une voie navigable stratégique, par laquelle transitent habituellement près de 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux ainsi qu’environ le tiers des engrais échangés à l’échelle internationale.

Depuis le début de la guerre en Iran, les prix ont bondi a augmenté de 51 % pour le pétrole brut en Bourse et de 46 % pour l’urée en Nouvelle-Orléans aux États-Unis. Pour les engrais azotés, l’enjeu n’est plus juste une question de prix, mais également de disponibilité. Plusieurs usines dans différents pays se voient contraintes de ralentir ou de cesser leurs activités faute d’accès au gaz naturel, un intrant primordial à la production, tandis que d’autres ont imposé des restrictions à l’exportation par crainte d’un approvisionnement insuffisant.

À la suite de l’invalidation des tarifs réciproques par la Cour suprême des États-Unis, la Maison-Blanche a annoncé l’ouverture de deux enquêtes commerciales visant 16 partenaires commerciaux majeurs. La conclusion de ces enquêtes pourrait mener à des hausses de tarifs dès cet été. 

La Chine, l’Union européenne, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et le Mexique sont ciblés pour pratiques commerciales déloyales, tandis que Taïwan, le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie, le Cambodge, Singapour, l’Indonésie, le Bangladesh, la Suisse et la Norvège sont visés pour excès de capacité. Le Canada ne figure pas sur ses listes.

La rencontre entre Trump et Xi, initialement prévue le 31 mars au 2 avril, a été reportée au 14 au 15 mai en raison du conflit en Iran. Les marchés anticipaient ce face-à-face entre les dirigeants des deux plus grandes puissances économiques mondiales, particulièrement ce qui concerne l’avenir des engagements d’achats chinois de soya américain de 20 Mt, dans un contexte d’invalidation des tarifs réciproques américains.

Au cours des deux premiers mois de l’année, les importations chinoises de soya ont reculé de 8 % pour se porter à 12,55 Mt. Celles en provenance des États-Unis ont chuté de 84 % par rapport à l’an passé, pour les situer à 1,49 Mt. À l’inverse, les importations du Brésil se sont accrues de 83 % et celles de l’Argentine de 2 830 %, pour les établir respectivement à 6,56 Mt et 3,27 Mt. 

Les prix du porc ont atteint leur plus bas niveau depuis juin 2018. Les porcs vivants se sont vendus en moyenne à 11,05 yuans (1,60 $ US) le kilogramme au cours de la troisième semaine de mars, soit une baisse de 28 % sur un an. Cette situation découle d’une surcapacité de production associée au développement de fermes industrielles à grande échelle. Bien que le troupeau de truies ait reculé de 2,9 % comparativement à l’année dernière à 39,6 millions, il demeure supérieur à l’objectif gouvernementale de 39 millions.

Les exportations poursuivent leur lancée, malgré un faible appétit en fèves américaines par la Chine. Au 26 mars, les exportations de l’année récolte en cours par rapport à la précédente sont en avance de 30 % pour le maïs et de 14 % pour le blé, tandis qu’elles accusent un retard de 19 % pour le soya.

Les conditions météo se sont nettement améliorées en Amérique du Sud, avec davantage de précipitations en Argentine et un temps plus sec au Brésil, permettant d’accélérer les travaux aux champs tout en disposant d’une bonne réserve hydrique dans le sol. Au Brésil, la récolte de soya est complétée à 75 %, cumulant un retard de 7 % par rapport à la dernière année, tandis que les semis de maïs safrinha sont terminés avec un peu de retard. En Argentine, la condition de bonne à excellente du soya s’est améliorée se situant à 38 % par rapport à 26 % le mois passé. La récolte de maïs est terminée à 15 %, soit en léger retard par rapport à l’an passé, mais supérieure à la moyenne des 20 dernières années.

Statistique Canada a publié les intentions d’ensemencement au pays. Au Québec, les superficies ensemencées par rapport à l’année passée ont diminué de 5,0 % pour le soya, de 1,5 % pour le maïs, de 30,2 % pour l’orge et de 6,2 % pour le canola, tandis qu’elles se sont accrues de 31,9 % pour le blé et de 5,1 % pour l’avoine et de 20,9 % pour le seigle. Les résultats du blé et du seigle étaient évidents, étant donné les superficies records en céréales d’automne pour ces deux cultures. Les superficies d’orge sont les plus faibles depuis 1977, devenant ainsi inférieures à celles de seigle, désormais la 6e culture de grains en importance au Québec. 

En Ontario, le portrait est très différent avec une hausse de 5,4 % pour le maïs et de 0,2 % pour le soya au détriment des céréales et du canola. Au Canada, les superficies ont été réduites de 1,1 % pour le blé au profit du canola avec une hausse de 1 %. Celles d’avoine ont reculé de 3,1 %.

Tableau sur les superficies ensemencées au Québec, en Ontario et au Canada en 2026

Source : Statistique Canada

Les bases locales du maïs se sont abaissées de 0,12 $ US/bu pour livraison immédiate ce mois-ci pour se situer à 0,75 $ US/bu, tandis que la base pour livraison à la récolte est demeurée stable à 0,20 $ US/bu. Le constat est sensiblement le même pour le soya, quoique les ventes ont été plutôt tranquilles étant donné le limit down à la Bourse de Chicago du 16 mars dernier, décourageant les producteurs à vendre plus de soya. Les bases du soya ont diminué de 0,16 $ US/bu pour livraison immédiate pour s’établir à -0,13 $ US/bu, tandis qu’elles sont restées à -0,49 $ US/bu pour livraison à la récolte.

Les prix locaux

Le tableau et le graphique suivants présentent l'évolution du prix au comptant du maïs et du soya par période de livraison.

1- Maïs et soya

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1 avril 2026

 

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1 avril 2026

 

2- Céréales

Le tableau suivant indique l’évolution du prix courant des céréales et de celui du canola au cours des derniers mois. En consultant directement les diffusions du marché local, vous pourrez observer les prix minimums et les maximums.

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1 avril 2026

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