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Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Août 2026
Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.
► 21 août 2026
Bourse | 16 juillet 2026 | 20 août 2026 | Variation ($) | Variation (%) |
|---|---|---|---|---|
| Contrat maïs septembre 2026 ($ US/bu) | 4,4150 | 4,7875 | 0,3725 | 8,4 |
| Contrat soya septembre 2026 ($ US/bu) | 11,8525 | 12,2075 | 0,3550 | 3,0 |
| Prix du soya/Prix du maïs | 2,68 | 2,55 | ||
| Contrat maïs décembre 2026 ($ US/bu) | 4,64 | 5,0350 | 0,3950 | 8,5 |
| Contrat soya novembre 2026 ($ US/bu) | 11,95 | 12,3650 | 0,4150 | 3,5 |
| Prix du soya/Prix du maïs | 2,58 | 2,46 | ||
| Taux de change ($ US / $ CA) | 0,7136 | 0,7260 | 0,0124 | 1,7 |
| Marché local (FAB Ferme) | Semaine du 15 juin 2026 | Semaine du 13 juillet 2026 | Semaine du 17 août 2026 |
|---|---|---|---|
| Maïs - livraison immédiate |
| ||
| Base $ CA/bu | 3,16 | 2,85 | 2,60 |
| Base $ US/bu | 1,06 | 0,76 | 0,58 |
| Prix $ CA/t | 289 | 286 | 285 |
| Maïs - livraison récolte | |||
| Base $ CA/bu | 2,53 | 2,44 | 2,27 |
| Base $ US/bu | 0,51 | 0,42 | 0,27 |
| Prix $ CA/t | 274 | 278 | 284 |
| Soya - livraison récolte |
| ||
| Base $ CA/bu | 3,88 | 3,98 | 4,13 |
| Base $ US/bu | -0,52 | -0,60 | -0,42 |
| Prix $ CA/t | 562 | 586 | 603 |
Analyses
Les exportations américaines du maïs devraient atteindre un niveau record de 3400 millions de boisseaux (Mbu) en 2025-2026. L’USDA a relevé la prévision de l’an prochain de 75 Mbu pour l’établir à un niveau quasi record de 3275 Mbu. Les inventaires de maïs américain en 2027 passent de 1790 Mbu à 1653 Mbu, comparativement à 1945 Mbu en 2026.
Le soya est soutenu par des achats massifs de la part des Chinois. Le volume des ventes américaines à l’exportation en 2026-2027 est plus du double que celui de l’an passé à pareille date, et dépasse même la moyenne quinquennale. Les présidents Trump et Xi vont se rencontrer à Washington le mois prochain.
Les exportations de maïs de l’Argentine ont atteint un niveau record de 5,1 millions de tonnes (Mt) en juillet. Depuis le 1er mars, les exportations se sont établies à 22,2 Mt. L’Argentine a eu une production record cette année en raison d’un rebond de la superficie ensemencée, accompagné d’un excellent rendement dû à des pluies abondantes. L’Argentine est habituellement le troisième exportateur mondial de maïs après les États-Unis et le Brésil mais devrait se hisser au deuxième rang cette année.
La Bourse Chicago a réagi favorablement au rapport de l’USDA sur les offres et demandes mondiales des grains, mais celui-ci est plutôt neutre. Tel qu’attendu, l’USDA abaisse les rendements du maïs et du soya aux États-Unis mais augmente les superficies des deux grains. La production de maïs est quasiment inchangée, celle du soya augmente légèrement.
Le soya est soutenu par les craintes du marché liées aux pluies excessives dans certaines parties centrales de l'Illinois, de l'Indiana et de l'Ohio qui pourraient affecter le rendement de la fève. Le problème est qu’il est difficile de quantifier l’impact des pluies excessives sur le rendement du soya, et les régions affectées devraient s’assécher progressivement.
La production de blé a baissé en Europe en raison de la sécheresse, mais la qualité est très bonne. Par conséquent, le volume de blé panifiable disponible est probablement proche de la normale
Maïs :
- Neutre à court terme
- Baissier à moyen terme
Soya : Neutre
Notre scénario des prix a changé : pour le maïs, il est neutre à court terme et baissier à moyen terme; pour le soya, il est neutre.
Statistique Canada dévoilera à la fin du mois les premières estimations des rendements. La Tournée des grandes cultures du Québec estime que le potentiel est bien présent dans le maïs et les conditions des dernières semaines ont ramené plus d’uniformité dans les champs. Les PGQ prévoient un rendement provincial de 10 t/ha, comparativement à 8,9 t/ha l’an passé et la moyenne quinquennale de 9,6 t/ha. Avec une superficie ensemencée de 364 000 ha, la production dépasserait 3,6 Mt : on passerait d’une situation déficitaire en 2025-2026 à une situation excédentaire en 2026-2027. Les bases locales, qui étaient très élevées, ont commencé à baisser, aussi bien pour l’ancienne que la nouvelle récolte.
La Bourse de Chicago a présentement le vent dans les voiles, les contrats à terme des trois principaux grains remontent. Le blé est soutenu par une très petite production aux États-Unis, et la guerre en mer Noire qui fait chuter les exportations de la Russie et de l’Ukraine. Pour ce qui est du maïs, les exportations américaines ont atteint un niveau record en 2025-2026 et sont prévues se rapprocher de ce niveau en 2026-2027. Finalement, le soya est soutenu par la demande chinoise ainsi que les pluies excessives dans une partie du Midwest qui pourraient affecter la récolte.
Cependant, deux facteurs haussiers sont géopolitiques et pourraient basculer sans préavis. Le premier est la chute des exportations de blé russe et ukrainien à partir de la mer Noire. Les mouvements portuaires sont présentement paralysés : des millions de tonnes de blé ne peuvent être exportées et s’accumulent. Mais cette situation pourrait débloquer très vite : les deux pays ont déjà convenu au début du conflit de corridors permettant la navigation de bateaux civils. Si un accord similaire était conclu, un raz de marée de blé russe et ukrainien déferlerait sur le marché mondial à des prix défiant toute concurrence. L’autre facteur clé est la reprise des achats massifs de soya américain par la Chine depuis quelques semaines. Ces achats sont dictés par Beijing et pourraient s’arrêter tout d’un coup en cas de nouvelle chicane entre Trump et Xi…
Par ailleurs, le volume des ventes américaines de maïs à l’exportation pour la prochaine année accuse un retard de 32 % par rapport à celui de l’an passé à pareille date. Les États-Unis seraient-ils en train de perdre des parts de marché au profit du maïs brésilien, et surtout argentin?
Les producteurs ne devraient pas tenir pour acquis que la tendance haussière du marché se maintiendra. Une commercialisation prudente consiste à profiter des rallyes de prix pour vendre progressivement leurs grains, réduisant ainsi leur risque au cas où la tendance boursière se renverserait.