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Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Mai 2026
Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.
► 20 mai 2026
Bourse | 20 avril 2026 | 19 mai 2026 | Variation ($) | Variation (%) |
|---|---|---|---|---|
| Contrat maïs juillet 2026 ($ US/bu) | 4,6025 | 4,7525 | 0,15 | 3,3 |
| Contrat soya juillet 2026 ($ US/bu) | 11,8175 | 12,0950 | 0,2775 | 2,3 |
| Prix du soya/Prix du maïs | 2,57 | 2,54 | ||
| Contrat maïs décembre 2026 ($ US/bu) | 4,7950 | 4,9775 | 0,1825 | 3,8 |
| Contrat soya novembre 2026 ($ US/bu) | 11,5775 | 12,0300 | 0,4525 | 3,9 |
| Prix du soya/Prix du maïs | 2,41 | 2,42 | ||
| Taux de change ($ US / $ CA) | 0,7347 | 0,7282 | -0,0065 | -0,9 |
| Marché local (FAB Ferme) | Semaine du 16 mars 2026 | Semaine du 13 avril 2026 | Semaine du 11 mai 2026 |
|---|---|---|---|
| Maïs - livraison immédiate |
| ||
| Base $ CA/bu | 2,66 | 2,92 | 2,64 |
| Base $ US/bu | 0,70 | 0,92 | 0,66 |
| Prix $ CA/t | 287 | 291 | 290 |
| Maïs - livraison récolte | |||
| Base $ CA/bu | 2,01 | 2,62 | 2,15 |
| Base $ US/bu | 0,16 | 0,65 | 0,22 |
| Prix $ CA/t | 272 | 291 | 282 |
| Soya - livraison récolte |
| ||
| Base $ CA/bu | 3,42 | 3,59 | 3,75 |
| Base $ US/bu | -0,57 | -0,49 | -0,49 |
| Prix $ CA/t | 545 | 553 | 580 |
Analyses
L’USDA a publié les premières prévisions des offres et demandes mondiales des grains pour 2026-2027. Le rapport est haussier pour les trois principaux grains : les prix moyens annuels à la ferme du maïs, du soya, et surtout du blé sont prévus augmenter par rapport à l’année en cours.
Les ventes de maïs américain de l’année récolte en cours par rapport à la précédente sont en avance de 25 %, et les exportations sont en avance de 22 %.
Les ventes de soya américain de l’année récolte en cours par rapport à la précédente accusent un retard de 19 % et les exportations sont en retard de 22 %.
Le Brésil a eu une récolte record de soya de 180 millions de tonnes (Mt), soit une hausse de 7,5 Mt par rapport au niveau record de l’an passé.
La récolte de maïs en Argentine, le troisième exportateur mondial, est nettement plus importante que ce que l'on pensait en raison d’une superficie plus élevée que ce qui avait été estimé et un très bon rendement. L’USDA a relevé son estimation de la production de maïs de 52 Mt à un niveau record de 59 Mt. Les exportations de maïs passent de 37 Mt à 43 Mt.
Les semis sont rapides dans le Midwest, particulièrement pour le soya : ils sont complétés à 76 % pour le maïs (vs la moyenne de 70 %), 67 % pour la fève (vs 53 %) et 73 % pour le blé de printemps (vs 66 %).
On aura les superficies ensemencées des États-Unis et du Québec à la fin juin. On verra si la hausse des prix des engrains depuis le mois de mars a eu un impact sur les semis des producteurs, ou pas.
À la suite du sommet Trum-Xi à Beijing, la Maison Blanche a indiqué que la Chine s'est engagée à acheter pour 17 milliards de dollars (G$) de produits agricoles par an au cours des trois prochaines années (2026 à 2028), en plus de l'engagement pris à l'automne dernier d’importer 25 Mt de soya annuellement. Ces achats de soya représenteraient un montant supplémentaire de 10 à 11 G$ aux prix actuels. Aucun produit spécifique n'a été mentionné. Bien que cette annonce soit perçue comme une bonne nouvelle et que la Bourse de Chicago ait rebondi, deux points méritent d'être soulignés : premièrement, la mention d'un montant en dollars offre moins de certitudes quant aux achats que la simple indication des quantités de produits ; deuxièmement, la Chine n'a confirmé aucun détail de l'accord. Cela dit, il y eu des déclarations encourageantes du ministère chinois du commerce : il a annoncé avoir conclu un accord avec les États-Unis pour développer les échanges agricoles grâce à des réductions tarifaires et lever d'autres obstacles commerciaux. Ces accords, encore préliminaires, seront finalisés dans les plus brefs délais, a précisé le ministère. Cette annonce laisse espérer que la Chine lèvera la taxe additionnelle de 10 % imposée l'an dernier, notamment sur le soya. Cela devrait permettre aux importateurs privés chinois d'acheter du soya américain par le biais de circuits commerciaux. En effet, les achats effectués l’an dernier ont été faits principalement par des sociétés étatiques – Cofco et Sinograin.
Au Brésil, la deuxième récolte de maïs safrinha, qui représente 75 % de la production du pays, est dans une condition satisfaisante, et ce malgré les semis tardifs; une bonne partie du maïs avait été semé en mars, soit après la date optimale du 25 février. La production totale de maïs est maintenant estimée à un niveau quasi record de 135 Mt, en hausse de 3 Mt par rapport au mois passé.
Le déclanchement de la guerre en Iran le 28 février et la fermeture du Détroit d’Ormuz ont augmenté considérablement le risque géopolitique global, surtout en ce qui concerne le pétrole et le gaz. Le prix du diesel et des engrais azotés s’est accru fortement. Même si le secteur des grains n’est pas directement concerné par ce conflit, le marché a connu une certaine volatilité.
Neutre à haussier
Notre scénario des prix a changé pour le maïs et le soya : il devient neutre à haussier.
La situation déficitaire du maïs au Québec va se répercuter l’an prochain. Les PGQ prévoient que les stocks à la fin de l’année en cours tomberont à 280 000 tonnes. Si Statistique Canada n’augmente pas la superficie ensemencée de 341 000 ha, la production serait de 3,2 Mt avec un rendement moyen de 9,6 t/ha, soit à peine plus que la demande locale estimée à 3,05 Mt. En d’autres mots, la situation du maïs restera très serrée en 2026-2027 : même en exportant peu et en important du maïs américain, les stocks remonteront à peine en 2027 et resteront relativement bas avec 330 000 tonnes. D’ailleurs les bases en dollar US reflètent cette situation : elles sont très hautes pour l’ancienne récolte et sont relativement élevées pour la récolte, ce qui est inhabituel.
Même s’il est impossible de prévoir la tournure des relations commerciales sino-américaines, le récent sommet de Beijing semble avoir abouti à un accord commercial. On peut donc s’attendre à une reprise des importations chinoises de soya américain. Or la tendance des dernières années va se maintenir aux États-Unis : les Américains triturent de plus en plus leur fève, et l’exportent de moins en moins. Avec le rebond anticipé de la production, l’USDA prévoit des exportations de 44 Mt en 2026-2027, soit 2,7 Mt de plus que l’année en cours. Avec un tel niveau d’exportations, les États-Unis n’auront même pas besoin que la Chine importe l’entièreté du volume spécifié, soit 25 Mt. Les Chinois pourront donc continuer de s’approvisionner principalement au Brésil, avec les États-Unis comme deuxième fournisseur.