Producteurs de grains du Québec : PGQ
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Les grains ont terminé en hausse, mené par le soya en raison de rumeurs selon lesquelles les États-Unis et la Chine s’apprêteraient à réduire certains tarifs douaniers, notamment ceux sur les exportations agricoles américaines. Le blé a également été soutenu par les attaques russes et ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques de ces pays, contribuant du même coup à l’augmentation du prix du pétrole brut en Bourse. Le dollar canadien s’est légèrement déprécié, contrebalançant la hausse de la devise américaine.

Selon le rapport sur l’état des cultures du USDA, la condition de bonne à excellente a augmenté d’un point pour le maïs (57 %) et est restée stable pour le soya (58 %). Par rapport à la moyenne quinquennale, les récoltes sont en avance de 2 % pour le maïs (8 %), de 3 % pour le soya (6 %) et de 1 % pour le blé de printemps (93 %). Les semis de blé d’automne sont complétés à 8 %, un retard de 4 % sur la moyenne des cinq dernières années.

Hier soir, le président Trump a annoncé une trêve concernant les attaques visant les infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine. Cependant, cette trêve semblait déjà fragile au moment de l’annonce. Le président ukrainien Zelensky a indiqué vouloir attendre les détails avant de l’accepter. Moins de 24 heures plus tard, les deux pays ont de nouveau échangé des attaques contre leurs infrastructures énergétiques.

Cette guerre énergétique touche particulièrement le secteur agricole, puisqu’elle réduit la capacité de production et d’exportation de diesel, un intrant majeur en agriculture, alors que l’occident est en pleine période des battages, un moment de grande consommation de carburant. Le diesel compte pour environ 30 % de la demande mondiale en pétrole. La Russie est un important exportateur de diesel, dans un contexte d’offre déjà restreinte depuis la guerre en Iran. L’an passé, le détroit d’Ormuz et la Russie représentent près de 45 % des exportations mondiales de diesel par navire, dont 12 % pour la Russie seulement. En juillet, la Russie a interdit les exportations de diesel jusqu’au 30 septembre. De plus, la réduction d’offre russe risque de perdurer, qu’il y ait une trêve ou non. Les sanctions occidentales limitent l’accès aux technologies spécialisées ainsi qu’aux composantes permettant les réparations des raffineries russes et celles-ci devraient durer plusieurs mois. Par conséquent, le prix du diesel a augmenté, atteignant en moyenne 2,62 $ CA/l au Canada samedi dernier et plus de 6,00 $ US/gallon aux États-Unis. Des producteurs agricoles albertains estiment que le prix du diesel est au moins 0,80 $ CA/l plus élevé que l’an passé.

En France, la production de maïs a été estimée à 8,1 millions de tonnes (Mt), en baisse de 40,7 % par rapport à la moyenne quinquennale et de 0,9 Mt comparativement à l’ancienne estimation. En Union européenne, les importations de maïs depuis le début de l’année récolte (juillet) se sont élevées à 4,01 Mt, une hausse de 38,3 % par rapport à l’année récolte précédente.

Les pluies dans l’Ouest canadien ralentissent le battage en plus de nuire à la qualité des récoltes. Par rapport à la moyenne quinquennale, les récoltes accusent un retard de 31 % en Saskatchewan (27 %) et de 23 % en Alberta (21 %); au Manitoba, elles se situent à 28 %. Un producteur canadien estimait que les récoltes s’enlignaient vers un grade 1, mais les conditions actuelles laissent présager un grade inférieur à 2. La perte économique liée à la qualité pourrait s’élever à près de 72 000 $ CA par ferme.