Producteurs de grains du Québec : PGQ
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L'éditorial du 3 septembre 2026

De temps à autre, au gré des besoins et de l’actualité, un éditorial est rédigé sur un sujet touchant la commercialisation des grains. Cet éditorial reflètera une opinion personnelle qui n'est pas nécessairement représentative de la position officielle des Producteurs de grains du Québec (PGQ).

Nous vous invitons à lire l'éditorial du 3 septembre 2026 intitulé « Un rallye des prix éphémère? ».

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Prix des fertilisants en Illinois

Le rapport des prix des fertilisants en Illinois a été mis à jour le 21 août 2026.

  • Rapport bimensuel publié par l'USDA
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L'Écho-Marché de août

Une revue mensuelle de l’actualité dans le secteur des grains. L’Écho-Marché couvre divers sujets ayant un impact sur les grains.

Date de publication : 1er septembre 2026

 

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Infolettre du 1er septembre 2026

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Un rallye des prix éphémère?

Un rallye des prix éphémère?

De temps à autre, au gré des besoins et de l’actualité, un éditorial est rédigé sur un sujet touchant la commercialisation des grains. Cet éditorial reflètera une opinion personnelle qui n'est pas nécessairement représentative de la position officielle des Producteurs de grains du Québec (PGQ).

- Ramzy Yelda, analyste principal des marchés des Producteurs de grains du Québec (PGQ)

 

Depuis le 12 août, on a assisté à un rallye des prix à la Bourse de Chicago. Les contrats à terme de la nouvelle récolte des trois principaux grains – le soya, le maïs et surtout le blé – se sont appréciés de 12 % à 20 %.

 Quatre facteurs ont mis le feu aux poudres :

  1. Depuis juillet, la guerre en mer Noire a fortement réduit les exportations de grains à partir des ports de la Russie et de l’Ukraine. La Russie est le premier exportateur mondial de blé; l’Ukraine est un grand exportateur de blé et de maïs. L’offre de blé sur le marché mondial a été subitement restreinte de manière significative.

  2. La sécheresse a décimé la production de maïs européen. Les importations de maïs de l’Europe, habituellement autour de 18,5 millions de tonnes (Mt) par an, vont probablement grimper à 25 Mt en 2026-2027.

  3. Les achats chinois de soya américain se sont amplifiés et accélérés au cours des dernières semaines, avant le sommet sino-américain qui doit se tenir à Washington le 24 septembre.

  4. Dans son rapport mensuel publié le 12 août, l’USDA a augmenté la prévision des exportations américaines de maïs de 75 millions de boisseaux (Mbu) pour l’établir à 3 275 Mbu en 2026-2027, soit très proche du niveau record de 3 400 Mbu pour l’année en cours. Les stocks de maïs en 2027 ont baissé de 137 Mbu pour s’établir à 1 653 Mbu, un niveau assez serré, contre 1 945 Mbu en 2026.

A-t-on donc un marché haussier pour 2026-2027 ? Pas nécessairement, lorsqu’on examine de près les facteurs en jeu. Certes, la guerre en mer Noire a sérieusement réduit les exportations de blé de la Russie et de l’Ukraine et resserré le marché mondial. Mais les exportations de maïs ukrainien ne sont pas vraiment affectées : elles sont en voie d’être redirigées en masse vers l’Europe via le réseau ferroviaire. De plus, la production de maïs argentin a fracassé tous les records cette année et le pays est prévu exporter 48 Mt de maïs, comparativement à 29 Mt l’année précédente – l’Argentine est en voie de devenir le deuxième exportateur mondial. Le Brésil, le troisième grand vendeur, a eu une récolte quasi record et devrait exporter 42 Mt. La concurrence sud-américaine se reflète déjà dans le rythme des ventes de maïs américain pour 2026-2027, un rythme qui est nettement plus lent que celui de l’an passé à pareille date. Si la tendance se maintient, l’USDA devra rabaisser sa prévision des exportations américaines en 2026-2027, ce qui aidera à rééquilibrer l’offre et la demande.

Restent donc les deux facteurs clairement haussiers, soit la chute des exportations de blé russe et ukrainien en raison de la guerre, et la reprise des achats chinois de soya américain. Ce sont deux facteurs purement géopolitiques et donc largement imprévisibles. La Russie et l’Ukraine ont déjà eu un accord en 2022-2023 permettant la navigation de navires civils en mer Noire. Même si les deux pays sont pris dans une recrudescence des combats, un accord similaire pourrait survenir à nouveau. Quant aux achats chinois de soya américain, ils sont dictés par Beijing. Si le sommet à Washington ne débouche pas sur un accord, ou si M. Xi estime que la Chine a rempli ses engagements, ces achats pourraient s’arrêter du jour au lendemain. D’autant plus que le Brésil, le premier exportateur mondial de soya, a encore eu une récolte record en 2026, et qu’une autre production record est attendue l’an prochain.

Imaginez un instant le scénario suivant : un accord pour la navigation civile en mer Noire est conclu en même temps que les Chinois arrêtent d’acheter le soya américain : les contrats à terme dégringoleraient à Chicago ! Dépendamment de leur goût du risque et de leur capacité financière à absorber les chocs, certains producteurs agricoles sont prêts à assumer un tel risque. Pour beaucoup d’autres, il serait plus prudent de gérer ce risque en profitant des niveaux boursiers actuels pour commercialiser une partie de leur récolte et fermer des prix à des niveaux intéressants, se protégeant ainsi d’une possible chute boursière.