Producteurs de grains du Québec : PGQ

Les grains ont ouvert ce matin en baisse en raison des nouveaux tarifs américains, puis le maïs et le blé se sont redressés et ont clôturé de neutres à baissiers, tandis que le soya a terminé en baisse. Wall Street a essuyé toute une déconfiture avec la baisse des principaux indices boursiers, en raison des tarifs sur la Chine, de l’effet inflationniste des tarifs et du risque accru d’une récession économique mondiale. Le dollar américain a été dévalué, car les investisseurs anticipent une baisse du taux directeur de la Fed, entraînant une hausse impressionnante du huard à près de 0,71 $ US.

Hier, Donald Trump a dévoilé ses « tarifs réciproques » sur l’ensemble de ses partenaires commerciaux, justifiant que ces pays imposent des tarifs sur les produits américains, si on inclut la « manipulation du taux de change et les barrières commerciales ». Le tarif minimum pour tous les pays a été de 10 % et plusieurs pays ont été impactés par des tarifs plus élevés : l’Union européenne à 20 %, la Chine à 34 %, le Japon à 24 %, la Corée du Sud à 25 %, le Vietnam à 46 %, la Thaïlande à 37 % et Taiwan à 32 %, entre autres. Le Mexique et le Canada n’ont pas été ciblés étant donné qu’ils sont déjà assujettis aux tarifs en lien avec le fentanyl et que l’exemption des tarifs demeure pour les produits respectant l’ACEUM, comme le grain. Dans le cas de la Chine, les tarifs réciproques s’additionnent aux tarifs déjà en place, portant le tout à 54 %, ce qui s’approche de la cible établie en campagne électorale de 60 %. Les éventuelles représailles des pays touchés restent inconnues. L’Asie du Sud-Est a été particulièrement visée pour frapper les compagnies chinoises ayant déménagé leurs usines dans les pays à proximité. D’un point de vue agricole, des représailles sur les produits agricoles américains de la part de ces pays sont attendues, alors que les États-Unis ont déployé d’énormes efforts pour développer ces marchés au cours des dernières années afin de combler les pertes de marché en Chine. Les conséquences de représailles économiques de ces pays sur le secteur agricole américain risquent alors d’entraîner des conséquences catastrophiques. De plus, l’administration Trump serait prête à soutenir les producteurs agricoles américains par des programmes d’aides, comme en 2018. D’ailleurs, Brooke Rollins, secrétaire à l’Agriculture aux États-Unis, a évoqué cette éventualité la semaine passée.

Les ventes hebdomadaires américaines à l’exportation ont été conformes pour le maïs et le soya et ont dépassé les attentes pour le blé : 1,33 million de tonnes de maïs, 410 172 tonnes (t) de soya et 339 986 t de blé. Les ventes de l’année récolte en cours sont en avance de 24 % pour le maïs, de 14 % pour le soya et de 13 % pour le blé.

Selon le système de surveillance de la sécheresse aux États-Unis, la proportion de terres anormalement sèches a diminué de 2 % dans le Midwest et de 1 % dans les hautes plaines, pour les situer respectivement à 63 % et 82 %. Les terres agricoles américaines ont besoin d’eau avant le début des semis afin de résorber cette sécheresse, mais la situation n’est pas encore problématique. Les prévisions météo aux États-Unis ne montrent pas de pluies pour les quinze prochains jours du Kansas au Michigan, mais le sud de la Corn Belt et le nord-ouest du Midwest devraient en recevoir de bonnes quantités.

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